Virage du gouvernement vers les logiciels libres

Madame Courchesne a effectué une conférence au Salon du logiciel libre du Québec le 7 décembre dernier affirmant que le gouvernement allait se pencher sur les avantages des logiciels libres par rapport aux logiciels propriétaires. Ça fait depuis un certain temps qu’on en parle, mais c’est maintenant chose faite. Une loi devrait passer sous peu forçant les gestionnaires au sein du gouvernement à considérer les logiciels libres lors de leurs prises de décisions. Nécessairement, ce virage vers les applications libres que prend le gouvernement québécois est inspiré des nombreuses réussites en Europe. En Suède, la police suédoise a réduit ses dépenses informatiques de 50% en 5 ans, la Gendarmerie française de 9.8 millions de dollars par année et plusieurs autres.

C’est une très bonne nouvelle pour les amateurs des logiciels libres et un bon coup pour le gouvernement s’ils vont de l’avant. Bien qu’on parle d’avantages au niveau de la rentabilité, il ne faut pas oublier que les logiciels libres amènent également une fiabilité et sécurité accrue que plusieurs logiciels propriétaires n’ont pas (logiciels protégés souvent par le secret et non par la technique), le respect des standards et des formats ouverts, la garantie de la liberté, l’indépendance et la pérennité grâce à la disponibilité des sources ainsi que plusieurs fonctionnalités comparables aux applications propriétaires. Pourquoi se priver de tous ces avantages? Justement, j’avais la même question. Excellent « move », continuez d’aller de l’avant!

Jean Charest à Tout le monde en parle

Le 5 décembre prochain, notre bouffon politique Jean Charest sera présent à Tout le monde en parle. J’espère que Guy A. Lepage va lui poser les vraies questions pour le replacer un peu en publique. J’imagine que tout le monde s’attend à ça.

Cette semaine : le premier ministre du Québec Jean Charest, Véronique Cloutier et Louis Morissette pour le Bye Bye 2010, l’humoriste Rachid Badouri pour le film L’appât avec Guy A. Lepage, Ingrid Betancourt pour son livre Même le silence a une fin, l’animateur Philippe Desrosiers pour la série documentaire Le sexe autour du monde; la top modèle Irina Lazareanu et le groupe Pink Martini.

Amazon délaisse WikiLeaks, mais supporte la pédophilie

Selon un article paru sur Le Monde, le magasin en ligne Amazon viendrait de stopper l’hébergement du site WikiLeaks. Le site Web ne cesse de faire parler de lui suite à ces nombreuses révélations provenant des câbles de la diplomatie américaine (voir mon précédent article Wikileaks diffuse 250000 télégrammes diplomatiques). Il aurait été attaqué à deux reprises par des attaques DDoS, soit une première plutôt faible d’environ 1Gbps et une seconde de 10Gbps. Cependant, est-ce vraiment la raison pour laquelle Amazon cesse d’héberger le site? Aurait-on affaire à des pressions ou à de la censure

Ce qui me déçoit énormément, c’est que la décision ne semble pas avoir été uniquement motivée par les hausses de trafics. Bien entendu, Amazon est hébergé en grande partie aux États-Unis. Alors que le gouvernement américain s’oppose totalement aux révélations de WikiLeaks, il ne faudrait pas être surpris qu’ils aient agis de la sorte pour éviter les ennuis gouvernementaux. Mais à quel prix? À censurer des conversations qui ne plaisent pas à certains? Ce qui me dérange encore plus de cette action d’Amazon, c’est qu’ils ont récemment fait les manchettes en acceptant et défendant la vente d’un guide destiné à la pratique de la pédophilie. Le livre en question a d’ailleurs atteint le top 100 des livres les plus vendus. Comment se sont-il justifiés?

“Amazon.com believes it is censorship not to sell certain titles because we believe their message is objectionable.”

“Let me assure you that Amazon.com does not support or promote hatred or criminal acts; we do support the right of every individual to make their own purchasing decisions.”

Très décevant. Est-ce que le contenu diffusé par WikiLeaks est légal? Selon moi, la presse a droit à la liberté d’expression et à la non-divulgation de ses sources. Si quelqu’un peut être jugé pour cet acte, ce serait probablement le militaire qui a eu accès aux données confidentielles. Cependant, si l’information divulguée met la lumière sur des actes illégaux, c’est une toute autre histoire (voir un article de TheGuardian intitulé WikiLeaks cables: US espionage law).

Hillary Clinton se prononce sur WikiLeaks

Je l’attendais et c’est maintenant chose faite, Hillary Clinton s’est prononcée face aux récentes diffusions de câbles diplomatiques américains (traité dans mon précédent message intitulé Wikileaks diffuse 250000 télégrammes diplomatiques). Malheureusement, mis à part condamner les actions de WikiLeaks, elle ne dit rien de vraiment intéressant. Je crois que dans la situation où elle est placée, elle n’aurait aucun argument valable pour justifier les télégrammes.

Image de prévisualisation YouTube

C’est quand même drôle. Elle blâme WikiLeaks en affirmant que ce n’est pas uniquement une attaque contre les américains, mais également contre la communauté internationale. Cependant, ses communiqués d’espionnages contre les membres de l’ONU et plusieurs autres personnes à travers le monde, ce n’est pas discutable. Également, elle mentionne (comme plusieurs l’ont fait) que les conversations entre diplômates ne représente pas l’opinion de Washington. Ce qui représente leur vision, ce sont plutôt leurs discours et actions à l’internationale. Cependant, à quelque part, je suppose que ce qui se passe derrière les rideaux représente le plus profond de leur politique, ce qu’ils ne révèlent pas, ce qu’ils tentent de cacher au risque de mal paraitre. Elle conclut son discours en promettant à leurs partenaires mondiaux que les responsables de ses diffusions seront sévèrement tenus responsables. Pourquoi pas en faire un exemple comme l’enfant soldat Omar Khadr?

Wikileaks diffuse 250000 télégrammes diplomatiques

MISE À JOUR: Les transmissions brutes sont disponibles ici.

Le site Wikileaks spécialisé dans la diffusion de documents officiels a obtenu 250000 télégrammes diplomatiques provenant du département d’État de Washington et de plusieurs ambassades américaines à travers le monde. Ces documents ont été partagés par quelques références de la presse internationale: le New York Times, Le Monde, The Guardian, El Pais et Der Spiegel. Semblables aux précédentes diffusions des Warlogs sur la guerre mentionnées dans l’un de mes anciens messages, les télégrammes répertorient plusieurs discussions entre hauts diplomates américains à travers le monde. On peut y voir des perceptions de plusieurs personnes importantes face à d’autres dirigeants, des discussions secrètes, top-secrètes, des communiqués troublants, bref.

Depuis maintenant près d’une semaine, les États-Unis tentent d’amortir l’impact à l’international des révélations en banalisant les informations, comme quoi elles n’étaient pas l’avis des États-Unis, mais plutôt de simples « discussions de vestiaires » entre hauts diplomates.

L’ambassadeur David Jacobson a soutenu que ces documents contiennent vraisemblablement des «conversations de vestiaire» rédigées par les diplomates américains dans leurs rapports quotidiens à Washington. Il a affirmé que ces «conversations» demeurent secrètes et que celles-ci représentent l’opinion de leurs auteurs et non pas la position du gouvernement américain dans son ensemble.

L’un des documents qui a le plus attiré mon attention est traité sur The Guardian. Selon les documents, une directive aurait été soumise à tous les hauts diplomates américains à travers le monde afin d’obtenir un maximum d’informations sur les membres de l’ONU et plus spécifiquement sur le secrétaire général, Ban Ki-moon. Parmi les informations demandées, on compte les moyens de communication utilisés, les mots de passe, les informations biométriques et même les clés de cryptage utilisées par les membres. Ce qui vient chercher davantage les gens, c’est que la directive aurait été soumise de Washington et signée par Hillary Clinton.

A classified directive which appears to blur the line between diplomacy and spying was issued to US diplomats under Hillary Clinton‘s name in July 2009, demanding forensic technical details about the communications systems used by top UN officials, including passwords and personal encryption keys used in private and commercial networks for official communications.

On retrouve également sur The Guardian un communiqué secret intitulé « US embassy cables: Washington requests biometric information for African leaders » où sont détaillés les informations personnelles recherchées sur plusieurs chefs africains et membres de l’ONU.

Biographic and biometric data, including health, opinions toward the US, training history, ethnicity (tribal and/or clan), and language skills of key and emerging political, military, intelligence, opposition, ethnic, religious, and business leaders. Data should include email addresses, telephone and fax numbers, fingerprints, facial images, DNA, and iris scans.

Bradley Manning, le suspect numéro un détenu par les Américains comme étant la source des diffusions à Wikileaks, s’est dit profondément choqué.

« Hillary Clinton, et des milliers de diplomates dans le monde vont avoir une crise cardiaque quand ils se réveilleront un matin et découvriront qu’un répertoire complet de documents confidentiels sur la politique étrangère est accessible au grand public, avec un moteur de recherche. »

Manning serait soupçonné comme étant la source d’une vidéo où des militaires américains à bord d’un hélicoptère s’amusent à abattre des civils à Bagdad, des Warlogs sur la guerre et de ces transmissions de hauts diplomates.

Pour le moment, les données brutes ne sont toujours pas disponibles. Cependant, The Guardian fournit plusieurs données temporelles et d’emplacements à propos des différentes transmissions.

Bref, les États-Unis nagent dans des eaux troubles. C’est probablement une première dans l’histoire et les gens vont s’en rappeler. Pour le moment, l’impact n’est pas clairement perceptible. La réaction internationale ne tarde qu’à arriver.